Casques bleus

Srebrenica, c’est le dernier grand massacre de la guerre de Bosnie, mais c’est c’est beaucoup plus que ça. L’épisode le plus tragique de cette guerre a définitivement scellé l’échec de l’Europe et des Nations Unies. Un fiasco total puisque l’ONU n’a pas seulement assisté sans réagir à l’extermination de près de 10’000 personnes. Elle en porte aussi la responsabilité directe. La ville, en effet, avait été démilitarisé en 1993. Les Bosniaques avaient accepté de rendre leurs armes en échange de la protection de la FORPRONU. L’abscence de réaction du commandement militaire, le refus des frappes aériennes demandées par le colonel hollandais, le silence des gouvernements français, anglais ou américains pendant le drame ne sont pas seulement une faute, mais bien une trahison des engagements pris. Le 15 juillet 1995 restera dans l’histoire, parce que depuis cette date, plus personne n’a pu défendre l’idée des casques bleus. C’est la fin des soldats de la paix, la fin d’une époque où les Nations-unies assuraient le rôle de gendarme mondial. Après Srebrenica, aucun grand pays n’a plus accepté de placer ses contingents sous le commandement onusien; c’est d’ailleurs avec une satisfaction non feinte que les militaires français ou anglais sont passés sous la bannière de l’OTAN moins de six mois après ce massacre. Les véhicules blancs ont été repeints en kaki, les casques bleus couverts d’une toile couleur caouflage ou rangés au rayon des souvenirs historiques.
Nicolas Poincaré, Postface de « Srebenica, 1995, l’été d’une agonie, des femmes témoignent », cité dans Rendez-vous avec X

 

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