Beslan, 1-3 septembre 2004

« Mais le plus affreux, c’était quand les adultes quittaient les endroits dangereux -par exemple, sous le panier de basket où était accrochée la plus grande charge d’explosif- et y envoyaient de force les enfants qui étaient là sans leurs parents. C’était insoutenable : il n’y avait que des enfants sous les explosifs !
Et près des portes, sur les fenêtres -les endroits les plus sûrs, des issues où filer quand l’assaut commencerait- uniquement des adultes. »
Vika, 14 ans, une otage
cité dans « Requiem pour Beslan », Yulia Yusik
« Je l’ai vite retrouvée. Enfin, pour ainsi dire… Elle n’avait pas été carbonisée comme beaucoup d’autres: on pouvait encore la reconnaître… Si bien qu’on, peut dire que j’ai eu de la chance… Vous savez, quand on a été ébouillanté, la peau se couvre de cloques et de fissures ? Et bien, tout son corps était dans cet état… des brûlures partout… Dans le gymnase, la température était telle que les corps se dissolvaient… L’incendie… Tous les explosifs brûlaient. Je la trouve, je la prend dans mes bras pour la sortir de là et elle… comment dire (il marque une pause) elle me fond dans les mains… l’horreur … Je la soulève (il mime le geste), et elle, elle se liquéfie comme de la gelée dans mes bras… »
Maërbek, un époux
cité dans « Requiem pour Beslan », Yulia Yusik

Note: pour ceux qui ne connaissent ce moment d’horreur, lisez ici.

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